Le président sortant Goodluck Jonathan et l'actuel président Muhammadu Buhari

Le Nigeria a connu, grâce aux élections présidentielles et législatives du 28 mars 2015, une nouvelle alternance politique permettant le retour au pouvoir de Muhammadu Buhari, général en retraite qui fut au pouvoir entre 1983 et 1985. Pour ce dernier, les échéances de 2015 représentaient une quatrième tentative consécutive après avoir essuyé des échecs aux élections présidentielles de 2003, 2007 et 2011. Il est impossible de comprendre le vote des Nigérians lors de ces dernières élections si l’on ne revient pas sur la présidence de Goodluck Jonathan. Ce dernier a pris la tête du pays après le décès du président en fonction Umaru Yar’Adua avant d’être élu en 2011. Il a donc été en poste de 2010 à 2015. Cette période, singulière à bien des égards, explique en grande partie l’arrivée de Muhammadu Buhari au pouvoir.

Cet article débutera par une analyse de la présidence de Goodluck Jonathan, par ailleurs très décriée en Occident comme au Nigeria. Nous verrons que sa personnalité ainsi que son entourage n’ont pas particulièrement favorisé la réussite de son mandat. Nous nous interrogerons également sur le bilan de l’ancien président lors de son mandat à la tête du pays : ces cinq années ont-elles été infructueuses pour l’ensemble du pays ou bien certains secteurs ont su profiter de la croissance d’un Nigeria devenu la première puissance du continent devant l’Afrique du Sud ? Le second objectif de cet article est de proposer une analyse prospective de court terme en s’appuyant notamment sur les premières décisions et nominations de Muhammadu Buhari. Une attention particulière sera portée aux secteurs qu’il a lui-même désignés comme prioritaires : la lutte envers Boko Haram ; le combat contre la corruption et les sanctions judiciaires à l’encontre des hommes politiques corrompus. Enfin, nous proposerons des pistes de réflexion sur la manière dont l’actuelle administration compte gérer à la fois la chute du cours du baril et le fait que la fédération ne dispose pas de réserve financière.

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Benjamin Augé

Docteur en géographie de l’Institut français de géopolitique (université Paris 8), Benjamin Augé est par ailleurs le rédacteur en chef de la lettre d’informations Africa Energy Intelligence (groupe Indigo Publications). Il enseigne la géopolitique du pétrole et du gaz en Afrique au sein de l’Executive Master in Energy and Natural Resources d’Hamad Ben Khalifa University au Qatar, ainsi qu’à l’Université de Nouakchott en Mauritanie et à l’Instituto Nacional de Relacoes Internationais (ISRI) au Mozambique. Il est également intervenant à l’École de Guerre, Sciences-Po Paris, ainsi qu’à l’École nationale d’administration (ENA).

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