L’histoire des relations entre l’archipel de Cuba et l’Afrique est ancienne et profonde. Le régime de Fidel Castro, en place depuis 1959, a beaucoup compté dans les années 1960 et 1970 comme soutien politique et militaire aux mouvements d’obédience marxiste dans les colonies portugaises luttant pour leur indépendance. Le cas de l’Angola est le plus significatif. La guerre civile qui suivit l’indépendance en 1975 opposa le MPLA, soutenu par l’URSS et Cuba, et l’UNITA et le FNLA, soutenu notamment par l’Afrique du Sud . Le conflit causa la mort de 2106 soldats cubains[1]. Cuba a également soutenu avant leur indépendance la Guinée Bissau, le Cap Vert et le Mozambique. Le régime a par la suite envoyé formateurs et fonctionnaires aux Etats africains récemment indépendants. L’Angola reste cependant l’Etat auquel est accordé le plus grand soutien. Car ses revenus pétroliers ont permis à Cuba de tirer un profit significatif de sa relation, contrairement aux autres Etats lusophones, ne possédant pas de telles ressources.

En dehors de l’espace lusophone, de nombreux gouvernements africains ont également bénéficié de l’aide militaire et de l’expertise des cadres cubains. C’est le cas du président Alphonse Massamba-Débat en République du Congo (1963-1968). Mengistu Haile Mariam en Ethiopie[2], aux prises avec des révoltes de populations Somali dans la région de l’Ogaden, poussée par la Somalie de Siad Barre, pu compter sur le soutien cubain. Cuba s’est impliqué militairement aux côtés du président algérien Ahmed Ben Bella dans la Guerre des Sables de 1963, conflit face au Maroc voisin. La proximité idéologique [3] avec certains dirigeants africains a également son importance dans la relation. La Guinée de Sékou Touré [4] a reçu Fidel Castro en visite en 1973 et le Bénin de Mathieu Kérékou fit de même dans les années 1970. La bonne relation avec Cuba a été pensée par les gouvernements africains comme un moyen d’obtenir de l’aide de l’île, sans nécessairement être partisan sincère de son idéologie révolutionnaire. Gager sur cette relation permettait à certains gouvernements africains idéologiquement peu marqués de diversifier leurs partenaires mais aussi de faire monter les enchères auprès des bailleurs traditionnels occidentaux (Europe, Etats-Unis). Cuba a été présent dans la lutte aux côtés de l’African National Congress (ANC) et  de Nelson Mandela afin de faire tomber le régime d’apartheid en Afrique du Sud. S’il n’y a pas eu d’aide directe à l’Afrique du Sud avant 1994, Cuba s’est impliqué directement contre le régime d’apartheid en Angola. Son implication fut marquée lors de l’indépendance de la Namibie en 1990 aux côtés du leader historique de la Swapo et premier président du pays, Sam Nujoma. Ce dernier se rend régulièrement à La Havane où il est reçu avec les honneurs. De même, Cuba s’est engagé auprès de Robert Mugabe au Zimbabwe avant sa prise de pouvoir en 1980, puis, lorsqu’il fut au pouvoir, Cuba lui forma de nombreux cadres. Pour le régime castriste, investir dans la transformation des sociétés africaines en les aidant à développer leur fonction publique et leur armée au lendemain des indépendances fut fondamental. Si cette politique d’aide a été appliquée dans les ex-colonies portugaises (les Portugais étant partis en annulant toute coopération et en ne laissant que très peu de compétence sur place) et en Guinée, elle ne l’a pas été autant dans  les anciennes colonies françaises et britanniques. Le grand nombre de coopérants français envoyés après 1960 en Afrique explique cette situation. Situation similaire pour la plupart des anciennes colonies britanniques[5] tel que le Nigeria, qui ont un gardé un lien étroit avec Londres notamment en terme de formation avec l’accueil par le Royaume-Uni de nombreux étudiants nigérians.

Le rôle de Cuba en Afrique s’est réduit brutalement à partir des années 1990, au moment où le pays fut frappé par une violente crise économique dû à l’arrêt quasi-total de l’aide de l’URSS alors même que le blocus américain se poursuivait.

La communauté de destin entre Cuba et l’Afrique doit etre comprise en sachant qu’une partie significative de la population de l’île (entre 1 et 2 millions[7] sur un total de 12 millions) a des ancêtres venant du continent, du fait d’une arrivée massive d’esclaves africains au 19ème siècle. L’imposition du blocus économique américain depuis les années 1960 a fortement influencé la politique étrangère de Cuba, structuré son économie et contribué à sa relation avec l’Afrique. Après la reprise des relations entre Cuba et les Etats-Unis en 2015, désormais menacée par l’arrivée de Donald Trump à la maison blanche et la mort de Fidel Castro en novembre 2016, cette étude propose d’interroger la relation actuelle entre Cuba et l’Afrique au moment où le monde entier se bouscule pour accéder aux marchés de l’île.

De l’anti-impérialisme à un plus grand pragmatisme politique

Avec une trentaine d’ambassades en Afrique aujourd’hui, Cuba a su tisser des relations spéciales avec le continent. Une partie des Etats africains associés à Cuba partagent une attitude commune vis-à-vis de l’Occident et des Etats-Unis durant la période de guerre froide. Sous la présidence de Fidel Castro – 1959 à 2008[8] – les séjours de présidents ou de ministres africains regroupent les pays opposés à « l’impérialisme américain » (Zimbabwe depuis 1980, l’ANC en Afrique du Sud, Namibie, Angola, Mozambique et Gambie) et les pays ayant eu une histoire jalonnée par des périodes de socialisme revendiqué (Ghana avec Kwame Nkrumah, Tanzanie avec Julius Nyerere, Bénin avec Mathieu Kérékou et Burkina Faso avec Thomas Sankara[9]). Le XIVème Congrès du mouvement des non-alignés qui s’est tenu en septembre 2006 à la Havane a été l’occasion de compter les soutiens fidèles de Cuba : le Zimbabwe de Robert Mugabe, la Gambie de Yayah Jammeh, l’Afrique du Sud de Thabo Mbeki ainsi que des ennemis déclarés des Etats-Unis comme Omar El Béchir du Soudan et d’autres pays membres de l’organisation, qui voient dans cette participation une façon de diversifier leur positionnement diplomatique comme Denis Sassou N’Guesso de la République du Congo, Amadou Toumani Touré du Mali et Omar Bongo du Gabon[10].

L’ère Raul Castro, permanences et changements

Depuis la retraite politique de Fidel Castro en 2006 et la prise de pouvoir par son frère Raul Castro, de nouveaux ministres idéologiquement moins marqués et au profil plus technocratique ont fait leur entrée au gouvernement cubain. L’ancien ministre des affaires étrangères, Felipe Pérez Roque (1999-2009), considéré comme un dur du régime[11] a fait place à son vice-ministre diplomate de carrière : Bruno Rodríguez Parrilla[12]. Ce dernier a mis en place une politique africaine plus pragmatique ouverte à des partenariats moins traditionnels et avec des objectifs plus « rentables économiquement ». Cette nouvelle vision n’a pas empêché le ministre de poursuivre l’ancien but de Cuba à l’échelle continentale : obtenir de l’Union africaine la condamnation du blocus américain et des sanctions contre l’archipel[13] et amener les différentes puissances africaines à militer auprès de leurs alliés occidentaux et des membres du conseil de sécurité (Chine, Russie) en faveur de la levée des sanctions. Cuba souhaite diversifier ses partenaires africains afin d’accentuer l’adhésion à ses positions dans les enceintes internationales pour obtenir au plus vite la levée de l’embargo des Etats-Unis. Or, pour cela le Nigeria, première puissance économique africaine, est essentiel. Le Nigeria est pourtant historiquement proche des Etats-Unis et souvent aligné sur ses votes à l’ONU. Après plusieurs approches de la part de Cuba[14], le président Muhammadu Buhari élu en mars 2015, a décidé de densifier la relation en envoyant à La Havane du 5 au 7 octobre 2016 son ministre des affaires étrangères Geoffrey Onyeama. Le Nigeria, historiquement plutôt discret dans son soutien à Cuba face au blocus économique américain (hormis la période d’Olusegun Obasanjo (1999-2007), change de braquet avec l’actuel président nigérian Muhammadu Buhari. Ce dernier est fasciné par le modèle de fonction publique cubaine. Le Nigeria prévoit notamment d’envoyer davantage d’étudiants dans les universités cubaines. Quelques semaines après sa prise de fonction, Raul Castro avait également souhaité relancer la coopération avec la Libye de Mouammar Kadhafi espérant attirer des fonds en échange de coopération technique et profiter du réseau africain non négligeable du dirigeant libyen[15].

Ces ouvertures n’empêchent pas de poursuivre les axes de coopération classiques. Armando Guebuza, ancien président du Mozambique (2005-2015) fut le premier chef d’Etat à séjourner à Cuba en mars 2008 après l’élection comme président plénipotentiaire de Raul Castro. Le numéro un mozambicain séjourna trois jours dans l’archipel en compagnie de ses ministres des affaires étrangères, de la santé, des sciences et technologie, du commerce, de l’éducation et de la culture. Cuba accueille la plus grande population d’étudiants mozambicains à l’étranger grâce à l’octroi de multiples bourses[16]. Pour son premier séjour africain en tant que président en février 2009[17], Raul Castro s’est rendu pendant trois jours chez son plus grand allié africain, l’Angola, où il fut ovationné à l’Assemblée nationale[18].

Le deuxième séjour officiel de Raul Castro en Afrique débuta par le XVème congrès du mouvement des non-alignés organisé en Egypte en juillet 2009. Le président cubain en profitait pour faire une halte en Algérie afin de rencontrer son homologue Abdelaziz Bouteflika, également président du Front de libération national (FLN) avec lequel le parti communiste cubain a toujours entretenu une relation particulière. Bouteflika s’est à son tour rendu à La Havane en septembre 2009. Lors de la troisième visite africaine de Raul Castro en tant que président en mai 2015 il fit escale en Algérie où il rencontra le président, le premier ministre, le chef des armées et des investisseurs[19]. Ces séjours répétés en Algérie sont également liés à la permanence de l’une des relations entre Cuba et l’Afrique: le soutien indéfectible de Cuba au Polisario afin d’obtenir l’indépendance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), ardemment défendu par l’Algérie. Le ministre des affaires étrangères sahraouie Mohamed Salem Ould Salek a été reçu à La Havane en juillet 2015 par son homologue cubain ainsi que par les dirigeants du parti communiste cubain avec lequel le Polisario a des liens depuis les années 1970[20]. La RASD a ainsi un ambassadeur permanent à Cuba. Raul Castro s’est également rendu en 2011 à Windhoek et Luanda, six mois seulement après y avoir fait sa première visite.

Compte tenu des liens très étroits entre l’ANC et Cuba, Raul Castro était présent en Afrique du Sud lors de la cérémonie d’hommage organisée le 10 décembre 2013 à la mort de Nelson Mandela. A cette occasion, Raul Castro fut l’un des six chefs d’Etat et de gouvernement – parmi la centaine de présents – convié à prononcer un discours. Sa poignée de main avec Barack Obama fut qualifiée d’historique et annonciatrice d’une relation apaisée entre Cuba et les Etats-Unis.

Pour l’une de ses premières tournées africaines sans le président, en novembre-décembre 2013, le ministre cubain des affaires étrangères Bruno Rodríguez Parrilla a privilégié les soutiens historiques de son pays. D’abord l’Ethiopie, puis le Zimbabwe, l’Afrique du Sud et l’Angola où il a rendu hommage au premier président Agostinho Neto.

En dehors du président et de son ministre des affaires étrangères, l’un des cinq vice-présidents, Salvador Valdes Mesa, nommé en 2013, d’origine afro-cubaine, est mobilisé pour affirmer les relations avec l’Afrique. Il fut le représentant de Cuba au sommet de l’Union africaine en juin 2014 à Malabo en Guinée équatoriale, après quoi il se rendit au Gabon. En 2016 il a effectué une tournée en Tanzanie, en Afrique du Sud, en Ouganda, au Botswana, au Zimbabwe et en République démocratique du Congo – Fidel Castro ayant été, tout comme Ernesto Rafael Guevara[21], proche, bien que critique, de Laurent Désiré Kabila dans les années 1960, père de l’actuel président Joseph Kabila.

Au-delà de la coopération traditionnelle via la diplomatie et les officiels de l’Etat cubain, les relations anciennes entre le parti communiste cubain et les pays africains sont au cœur des liens entre Cuba et le continent. Le coordinateur Afrique/Moyen-Orient du département des relations internationales du comité central du parti communiste cubain, Rodolfo Puente Ferro est probablement la personnalité ayant le plus comptée pour entretenir les relations privilégiées entre Cuba et l’Afrique. Il a combattu au Congo et en Angola dans les années 1960-1970 et est le président de l’association d’amitié Cuba-Afrique. Rodolfo Puente Ferro séjourne régulièrement en Afrique pour rencontrer ses homologues dans les pays lusophones : Angola-MPLA, Mozambique-Frelimo[22], Guinée Bissau-Partido Africano da Independência da Guiné e Cabo Verde (PAIGC), Algérie-FLN, Afrique du Sud – ANC, Zimbabwe-Zanu-PF et Namibie – Swapo. D’autres membres du comité central du parti communiste cubain se rendent aussi en Afrique. C’est le cas de Jorge Risquete Valdez, qui était en Angola et République du Congo en février 2014[23]. Les cadres du régime sont mobilisés pour raffermir ou entretenir les relations avec les pays historiques de la relation avec Cuba, mais pas pour ouvrir la diplomatie de l’île aux nouveaux partenaires africains.

Cuba et l’Afrique, une coopération économique dense

L’un des principaux vecteurs de la politique d’influence cubaine tient au nombre de cadres et de fonctionnaires envoyés à l’étranger dans le cadre de la coopération. Le ministre des affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a estimé à 76000 le nombre de cubains qui ont été envoyés dans 39 pays d’Afrique durant la période de présidence de Fidel Castro[24]. Le domaine militaire, médical et pharmaceutique, biotechnologique [25], et agricole sont ceux qui ont le plus reçus de l’expertise cubaine en Afrique. Concernant le domaine  sportif, une coopération avec le Nigeria a été initiée depuis les années 1980[26]. Lors de la crise Ebola entre 2013 et 2015 qui a touché la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée, le ministre des affaires étrangères cubain Bruno Rodriguez Parilla a envoyé trois cents médecins et infirmières pour endiguer l’épidémie[28]. Mais la coopération ne s’arrête pas à ces secteurs. Lorsque le ministre angolais des travaux publics Higino Carneiro s’est rendu à La Havane pour une visite de trois jours en septembre 2007, il emmena avec lui des fonctionnaires des ministères du tourisme, de la construction, des sports, de la Culture et des affaires étrangères[29]. Le président angolais Eduardo Dos Santos se rendit le même mois à Cuba, signant une dizaine d’accords dans les domaines susmentionnés. On estime à un millier le nombre de citoyens cubains travaillant actuellement en Angola pour aider l’Etat à améliorer ses performances [30]. Au Mozambique, 3700 fonctionnaires ont été formés par Cuba, les premiers sont arrivés en 1977 à la suite du départ des Portugais[31]. De même, lorsque le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est rendu à Cuba en octobre 2015, il était entouré de huit ministres, symbole du soutien de l’archipel. 35 ingénieurs cubains travaillent au ministère sud-africain de l’eau et 45 autres sont en place au département de l’habitat. Chaque année, 80 sud-africains obtiennent une bourse pour étudier la médecine à Cuba[32]. A chaque fois que des délégations africaines se rendent à La Havane, c’est avec des demandes précises dans des domaines où Cuba peut apporter une expertise.

Cuba à pieds joints dans une nouvelle globalisation au détriment de l’Afrique ?

Après la reprise des relations diplomatiques avec les Etats-Unis en 2015, Cuba se trouve dans une nouvelle dynamique et peut espérer utiliser ses atouts – ses cadres et son administration compétente – pour développer son économie, en particulier dans les domaines de la santé et des biotechnologies. Les chances sont grandes pour que les partenariats historiques africains notamment avec l’Angola et les autres colonies portugaises restent prépondérants. Cependant, si l’Afrique a compté pendant la guerre froide et continue  d’être centrale, son rôle dans la politique extérieure de Cuba pourrait être amené à diminuer en cas de levée du blocus américain. En effet, de nouveaux partenaires prêts à investir se pressent à La Havane pour profiter de la bonne formation des cubains et des potentiels du pays. Le ministre émirati des affaires étrangères Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan s’est rendu en octobre 2015 à La Havane pour discuter des possibilités de coopération dans la santé et les énergies renouvelables. Pour les Emirats, les opportunités sont importantes en terme de transport aérien (Emirates) ainsi que portuaire (DP World). L’émir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani était à La Havane le 24 novembre afin de signer un partenariat entre Qatar Investment Authority et le ministère du commerce cubain[33]. Les investisseurs européens ont également mis le cap sur La Havane : de premiers contrats ont été signés par les entreprises françaises (notamment ADP et Bouygues pour l’aéroport de La Havane) et le premier ministre italien Matteo Renzi s’y est rendu en octobre 2015. Les américains n’ont pas attendu bien longtemps pour investir depuis la reprise des relations diplomatiques en 2015. Les restrictions empêchent encore de nombreux investissements mais si le congrès américain (le seul habilité à lever l’embargo) assouplit ou fait cesser l’embargo il est certain que les Etats-Unis deviendront rapidement le principal partenaire de Cuba de par la proximité géographique, la puissance économique américaine ainsi que la très large diaspora cubaine aux Etats-Unis et notamment en Floride. L’arrivée de Donald Trump à la maison blanche en janvier 2017 est cependant de mauvaise augure pour la levée de cet embargo. Celui-ci a répété à plusieurs reprises qu’il pourrait remettre en cause la récente politique d’assouplissement économique et diplomatique si un meilleur accord « pour les cubains » n’était pas trouvé rapidement[34].

[1] AFP, 24 mai 2006

[2] Ce dernier arrivé en 1977 a rompu toute relation militaire avec les Etats-Unis pour signer des accords avec l’URSS et Cuba. Plusieurs milliers de soldats ont été envoyés en Ethiopie jusque dans les années 1980 pour lutter contre la rébellion érythréenne.

[3] La plupart des dirigeants africains se sont départis de l’idéologie marxiste entre fin des années 1980 et le début des années 1990, soit à la chute du mur de Berlin. La plupart des dirigeants ont soit été déposés – Mengistu en Ethiopie – soit s’en sont encore réclamés en mettant en place des pratiques bien différentes tel que José Eduardo Dos Santos en Angola. Lire Le Monde, Marxisme à l’africaine, 6 février 1990

[4] La Guinée est le premier pays africain à nouer des relations diplomatiques avec Cuba dès 1960.

[5] L’Ouganda, à partir de la présidence Yoweri Museveni en 1986 a eu une forte coopération militaire et économique avec Cuba, le président ougandais étant un grand admirateur de Fidel Castro. Cela n’a pourtant pas empêché l’Ouganda de fermer son ambassade à La Havane en 2000 pour des raisons économiques.

[6] Cf. “Cuba launches new international campaign against U.S. embargo”, Reuters, 9 septembre 2016 : www.reuters.com

[7] Selon le recensement de 2001 disponible ici : www.cubagob.cu

[8] Mais dans les faits seulement jusqu’en 2006.

[9] Malgré le peu de temps passé au pouvoir – quatre ans -, Thomas Sankara s’est rendu dès 1984 – soit moins d’un an après son arrivée aux affaires – à La Havane d’où il est revenu accompagné d’experts en recherche minière et en construction. Source : New York Times, 9 octobre 1984

[10] L’actuel président gabonais, Ali Bongo, s’est rendu en septembre 2012 à La Havane où il a expliqué vouloir faire perdurer les accords de coopération signés en 2004 par Omar Bongo, permettant notamment à 30 personnels médicaux d’être basés en permanence au Gabon. Xinhua General News Service, 28 septembre 2012.

[11] Filipe Pérez Roque est l’ancien secrétaire particulier de Fidel Castro et fait partie du groupe appelé « los taliban », en référence à leur intransigeance vis-à-vis de la défense de la révolution cubaine.

[12] Ce dernier a effectué son service militaire en Angola à la fin des années 1980 comme nombre de fonctionnaires et cadres actuellement aux affaires à Cuba.

[13] Cette stratégie passe par la poursuite de la bonne relation avec l’Ethiopie. Le ministre des affaires étrangères cubain s’est rendu en novembre 2013 à Addis-Abeba où il a été reçu par son homologue ainsi que par le premier ministre Hailemariam Desalegn. Pour obtenir ce soutien, il n’hésite pas à vanter le modèle de développement de l’Ethiopie en disant que son pays pourrait s’en inspirer. Source : Africa News, 26 novembre 2013.

[14] Après les indépendances, les seuls d’accords signés dans les années 1980 et 1990 portaient sur des domaines non régaliens (sport, information, culture) et ont été peu appliqués. Source : Xinhua General News Service, 8 août 1993. A partir de la présidence d’Olusegun Obasanjo, une délégation médicale de 50 docteurs cubains a été envoyée au Nigeria, Source : AFP, 9 juillet 2000. Il y eu également quelques accords universitaires mais les échanges commerciaux sont toujours restés extrêmement faibles : 200 000 dollars par année en 2010, 2011, et 2012 : Interview ambassadeur cubain au Nigeria, Source : Daily Trust, 3 avril 2012

[15] EFE Newswire, 10 mars 2008. Mouammar Kadhafi avait très tôt noué de bonnes relations avec Fidel Castro. En 1977, Castro était resté dix jours en Libye afin de discuter du soutien à apporter à Mengistu contre la rébellion érythréenne. Source : The Washington Post, 12 mars 1977. Il a cependant fallu attendre 2001 avant la deuxième visite de Castro à Tripoli. Source : Deutsche Presse-Agentur, 16 mai 2001. Raul Castro, en tant que numéro deux du régime s’y est rendu également en 2003. Source : Deutsche Presse-Agentur, 3 janvier 2003.

[16] Africa News, 3 mars 2008

[17] De même, les défilés de présidents africains n’ont pas cessés lors du mandat de Raul Castro: Zambie, Ouganda, Botswana, Afrique du Sud, République du Congo. Jacob Zuma a d’ailleurs annulé la dette de Cuba vis-à-vis de l’Afrique du Sud (1,1 milliard de Rand soit quelque 150 millions de dollars) et en a profité pour concéder un autre crédit de 210 millions de Rands (30 millions de dollars. Source : Cape Argus, 8 décembre 2010.)

[18] Angola Press Agency (Angop), 9 février 2009

[19] EFE Newswire, 4 mai 2015

[20] Sahara Press Service, 7 juin 2015

[21] Ernesto Guevera, de nationalité argentine, a été l’un des principaux acteurs du soutien militaire de Cuba aux pays africains dans les années 1960. Il s’est notamment rendu plusieurs mois en 1965 au Congo afin d’organiser, en vain, la lutte contre Mobuto Sese Seko – soutenu par les américains – avec les hommes de Laurent Désiré Kabila. Il s’est ensuite établi quelque temps à Dar es Salaam sous la protection de Julius Nyerere. Il est décédé en 1967

[22] Cf Cubaminrex, 1 juin 2009, anterior.cubaminrex.cu.

[23] Angola Press Agency Angop, 17 février 2014

[24] El Pais, 29 septembre 2014

[25] Les antirétroviraux et le secteur des biotechnologies rapportent 400 millions de dollars à Cuba selon Africa News, 3 mars 2008. Un projet d’usine de production de vaccin anti hépatite B a été décidé en 2009 entre l’Algérie et Cuba. Le Ghana a par exemple commandé pour 74 millions de dollars de vaccins anti malaria en 2012 à la société cubaine Labiofam qui travaille également en Angola, Gambie, Tanzanie, Nigeria, Burkina Faso, Guinée équatoriale et Zambie. Source : Miami Herald, 2 juillet 2012

[26] This Day, 22 décembre 2003

[27] Health.India.com, 30 mai 2013

[28] El Pais, 29 septembre 2014

[29] Africa News, 4 septembre 2007

[30] Africa News, 25 juin 2008

[31] Agencia de Informacao de Mocambique, 27 septembre 2015

[32] States News Service, 26 octobre 2015

[33] MenaFN.com, 24 novembre 2015

[34] Cf. “Donald Trump’s Threat to Close Door Reopens Old Wounds in Cuba”, New York Times, 28 novembre 2016 : www.nytimes.com.

 

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